N’écoutez pas les commères,
Ne regardez pas les commères.
Dans le jardin public,
Assises sur un banc,
Elle vous attendent
Ces viles vipères,
Prêtes à vous piquer
De leurs crocs acérés.
Elles se mêlent de tout,
Savent tout sur tout.
La vie de ces rombières
A été sans aucun intérêt.
Elles crient vengeance
De méchante manière.
De leur grande bouche usée
Ne sort pas une douce musique.
Elles vous fiquent.
Elles connaissent tous les ragots
Qui trainent dans les caniveaux.
« D’où vient cette nouvelle arrivée?
Ici, c’est pour les riches,
Si elle n’est pas riche,
Elle doit aller habiter ailleurs »
N’écoutez pas les commères !
Ne regardez pas les commères !
« Son balcon est une mocheté,
Ses plantes grasses mal placées,
Ses drapeaux plantés, bon à jeter »
N’écoutez pas les commères !
Ne regardez pas les commères !
Elles étaient jolies naguère,
Ce jour, elles ne sont que laideur
Et profonde méchanceté.
« Albert à une nouvelle maîtresse,
Elle se prénomme Manon
Et c’est un vrai laideron »
N’écoutez pas les commères !
Ne regardez pas les commères !
Assises sur un banc du jardin
Elles vous attendent
Ces viles vipères
Prêtes à vous piquer,
De leur puissant venin.
Passez vite votre chemin.
Brigitte Gladys
PS: Autrefois le mot « commère » n’était pas péjoratif, la commère était proche de la mère et de son enfant, c’était la marraine de l’enfant, quelqu’un de protecteur.
Si seulement elles se rendaient utiles en s’inquiétant et en signalant, par exemple, les volets fermés de la vielle dame depuis un jour , elles apporteraient quelque chose à la communauté.
Comment le sens premier de ce mot a t-il pu dériver ainsi ? Est ce la faute à notre société éprise de faits divers, de sensationnel et de nouvelles croustillantes. Au fait ? que …